Deux jours des fonctions de haut représentant de l'Union africaine (UA)C'est le diplomate du Congo-Brazzaville, Basile Ikouébé, qui a finalement hérité il y a deux jours des fonctions de haut représentant de l'Union africaine (UA) pour la transition au Tchad. Il est attendu dès ce dimanche 25 juillet à Ndjamena pour la transition au Tchad. Il est attendu dès ce dimanche 25
Au pied levé, le Congolais Basile Ikouébé succède au Sénégalais Ibrahima Fall, récusé par le Conseil militaire de transition (CMT) qui a pris le pouvoir au Tchad il y a plus de trois mois. En tant que haut représentant de l'Union africaine pour la transition au Tchad, Basile Ikouébé est censé accompagner le processus de la transition jusqu’à son terme.
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| Basile Ikouebé |
« Il y a eu une entente entre le représentant de la République du Tchad et l'Union africaine, confirme Abderamane Koulamallah, porte-parole du gouvernement tchadien. De toutes les façons, notre gouvernement et l'institution doivent travailler de concert pour aider la transition à aller de l'avant. La seule chose que nous avons exprimer et que nous exprimons, c'est que nous sommes particulièrement jaloux de notre souveraineté et du respect de certaines procédures. Les choses sont rentrées dans l'ordre. »
Concernant la résolution contraignante de l'Union africaine, qui prévoit la non éligibilité de ses membres pour les prochaines élections. Abderaman Koulamallah, estime que le dialogue national permettra de faire avancer les points de divergence. « L'Union africaine parle de certaines choses, les acteurs politiques parlent de certaines choses : le dialogue national va essayer d'harmoniser, explique-t-il. Avant d'ajouter : Qui mieux que les tchadiens, savent ce qu'il y a de bien pour leur pays. On n'a pas besoin d'un oukaze pour nous faire avancer. »
Pour l'opposition, Basile Ikouébé doit faire ses preuves
Du côté de l’opposition tchadienne, on voit dans ce jeu de chaises musicales un manque de respect des militaires tchadiens à l'égard de l'Union africaine, tout en s'interrogeant sur les chances de succès du nouvel émissaire de l'organisation.
Pour le mouvement citoyen Wakit Tama, composé d’organisations de la société civile, de syndicats et de partis politiques d’opposition et qui mène la contestation contre le CMT, la mise en application des résolutions de l’Union africaine laisse aujourd’hui à désirer. Son nouveau haut représentant pour la transition au Tchad aura donc du pain sur la planche dès son arrivée à Ndjamena. Ce sera à lui de faire ses preuves.
« Nous attendons qu’il rebatte les cartes et qu’il aide le gouvernement de l’après transition à remettre la machine de la transition en marche. Concrètement, nous attendons de voir quels sont les actes probants que l’Union africaine posera demain. Et nous attendons aussi de voir s’il aura la main forte pour agir de façon déterminée. Nous, nous sommes prêts. Nous l’attendons de pied ferme dès maintenant », souligne Me Max Loalngar.
Le président du parti d’opposition des Transformateurs dit quant à lui ne se faire guère d’illusions sur les capacités du nouveau haut représentant de l’UA à faire plier le CMT. En témoignent selon lui l'absence de sanctions contre la junte militaire au pouvoir ou encore le bras-de-fer perdu dans la nomination du prédécesseur de Basile Ikouébé.
« Aujourd’hui, elle [l’Union africaine] n’a aucune contrainte ni aucune main sur le Conseil militaire de transition. En réalité, le peuple tchadien n’attend pas quelque chose d’énorme. S’il y a une surprise positive, c’est tant mieux. Mais si c’est le CNT qui dicte celui qui doit être nommé selon ses conditions, cela montre que l’Union africaine aujourd'hui s’est complètement décrédibilisée », estime Succès Masra. Avant d’ajouter que la balle est dans le camp du haut représentant de l’Union africaine.
L’opposant appelle le Congolais Basile Ikouébé à « surprendre les Tchadiens ».

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